30 novembre 2006
Regarde-moi...
J'avais juste le numéro de la chambre et un nom. Je ne l'avais pas même vu une seule fois, je n'avais pas même entendu sa voix, juste des mails depuis à peu près un an. Cette rencontre ainsi était comme une évidence, un désir commun d'expérience.
Il m'avait dit que si elle ne me plaisait pas, nous lui demanderions de partir. Il voulait juste regarder, seulement regarder. Je monte quatre à quatre les marches comme une enfant pressée de voir ses cadeaux sous l'arbre de noël. Ce jour-là, le père-noël existerait-il pour moi? J'avais beaucoup d'appréhensions...
D'abord, j'avais peur qu'il soit vieux avec une mine de pervers écoeurant, peur de me dire que j'allais le rencontrer et que je ne le désirerais peut-être pas le moins du monde. Ensuite, j'avais peur de son choix quant à la jeune femme. Je ne lui avais rien dit de mes goûts, de quels seins je ne voulais absolument pas toucher, de quelles mains je ne voulais pas sentir sur moi. Serait-elle belle? Trop belle? D'une beauté qui le ferait la regarder plus qu'à moi? Je ne voulais pas que cela se passe ainsi. Je voulais que ce soit moi qu'il désire quand elle me caresserait, que nos deux corps enlacés lui donnent envie de me prendre à moi avant elle et après elle. Mais la question ne se posait pas ainsi : il ne devait en toucher aucune, il devait juste regarder...
J'arrive devant la porte, remonte mes bas, refait le noeud de mes chaussures autour de ma cheville. Ma robe est bien mise, je la descend un peu et resserre les bretelles de mon bustier. Mon string, je le sens est bien au milieu de mes hanches, mes cheveux le long de mon dos. Je remet un peu de rouge à lèvres. J'écoute le silence, serait-il là?
J'ouvre la porte. Une femme est allongée sur lit, de dos à moi, une nuisette en voile comme un tissu sculpté par son corps. Elle a de magnifiques cheveux noirs comme une promesse de profondeur.
Sur un siège à deux mètres du lit, un homme est assis confortablement une cigarette à la main. Spontanément, c'est sur lui que j'aurais eu envie de me languir mais nous nous étions promis. Ce sera donc un plaisir de jouir devant lui...
La femme est toujours de dos à moi, elle n'a pas bougé. Elle semble grande, élancée et fine. J'ai peur de la voir de face, me plaira-t'elle? Je fait le tour du lit et la regarde. Elle est magnifique. Elle a de grands yeux noirs, de longs cils. Elle est maquillée avec goût, sans vulgarité. Mon regard descend progressivement. Sa longue nuque guide mon regard jusqu'à sa poitrine menue. Je m'imagine déjà mes mains sur chacun de ses deux seins. Son ventre est plat et ses cuisses fines et longues. J'aime son physique. Elle est exactement le genre de femme pour qui je peux avoir du désir.
Elle se déshabille avec grâce, comme en apesanteur. je retire ma robe et espère qu'elle me retirera le reste comme on décroche délicatement les pétales d'une rose. Je m'allonge et caresse son visage. Je tremble d'émotion face à la situation, face à cette étrangère qui est la première femme que je désire vraiment : vais-je bien faire? Je prendrais le temps de la découvrir et elle de me découvrir...
Elle m'embrasse avec ses lèvres de velours, comme si le voile qu'elle avait retiré me caressait la bouche. Elle met ses mains sur mes seins, je suis excitée comme une vierge qui aurait attendu des années... Je sens que mes tétons sont durs et que ces longs ongles jouent avec. Je met mes mains sur ses hanches, sa peau est si douce que j'ai l'impression de caresser de la soie. Elle se met sur moi, prends les choses en main. Elle lèche tout mon corps, n'oubliant aucune parcelle même celles que je me juge les plus ingrates. Je vois sa bouche flotter sur mon corps, je suis comme ennivrée, flottant je ne sais où mais pas sur Terre.
Elle approche sa langue de mon sexe, me regardant droit dans les yeux, sa bouche est une caverne à plaisirs... Elle me regarde droit dans les yeux scrutant mon excitation... Elle met si peu de temps à me faire jouir une première fois que je place mes deux mains dans ces cheveux pour en avoir encore. Elle me regarde, le sourire aux lèvres, les yeux gourmands et recommence. Une onde traverse tout mon corps du bout de mes pieds jusqu'à la racine de mes cheveux.
J'ai envie d'elle, je la place sur le dos avec détermination et la caresse d'abord avec mes mains puis avec ma bouche. C'est ma première fois mais cela me semble aussi naturel qu'avec les hommes, elle joui deux fois elle aussi. Nous nous embrassons encore et encore et du coin de l'oeil, je regarde celui à qui j'appartiens grâce à elle. Il se caresse et semble très excité, je lui demande de me faire jouir encore une fois...
Je le regarde, il me regarde et nous jouissons en même temps.
Commentaires
C'est très troublant d'être le quatrième personnage de cette scène. Spectatrice émue d'autant qu'à la lecture certaines sensations liées à une première fois lui reviennent en mémoire
De la belle ouvrage...
... que ces mots posés ici avec une totale sensualité. C'est de la belle écriture,et l'on vous suit avec délice.
Vous connaissez les affres du blog qui démarre, moi aussi...
Alors grande solidarité à vous, et au plaisir de vous croiser et de vous relire.
Un passeur
Sensualité
Cela donnerait presque envie, à te lire, d'essayer d'autres plaisirs...
Ce n'est cependant pas une invitation! Ton blog est très sensuel, très réussi!
troublant
Comme le dit si bien badine, fort troublant que ce texte. Je m'identifie sans problème à cet homme qui vous regarde découvrir de nouveaux plaisirs. PAr contre je ne sais pas si j'aurai assez de self controle pour ne pas vous rejoindre. Mais peut être que devant tant de beauté et de douceur, la brute mâle qui est en moi se serait laissé attendrir :)
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